Ainsi Melen GIBOUT affirme d’œuvre en œuvre la prédominance du corps humain comme unique sujet de réflexion et de travail, comme lieu d'interrogation privilégié. Avec assurance, il renoue le dialogue, quelque peu interrompu avec le monde du sensible.

 

     Ainsi Melen GIBOUT se saisit des choses de la vie avec une tranquille détermination. Il tourne autour de l'arbre, cherche à suivre la nervure dans le bois, repère le nœud comme un défi et attend patiemment qu'il veuille se donner. Alors la quête peut commencer. Il faut du temps pour magnifier le vivant.

 

     Ainsi Melen GIBOUT convie à la tache ses aînés et nous imaginons combien il a du « tendre les yeux » vers l’œuvre d'un MOORE, d'un ZADKINE ou d'un PRIGENT, l'initiateur. Mais il me semble que c'est peut-être d'ARCHIPENKO qu'est venu l’éblouissement. Chaque œuvre d'art, chaque œuvre humaine a son fil d'Ariane.

 

     Ainsi Melen GIBOUT s'est emparé de la courbe, du compas plutôt que de l’équerre. Elle provoque le regard et appelle la main à la caresse. Chacun trouvant son chemin dans cette géographie de lignes, de masses, d’échelles et de formes qui se livrent.

 

     Ainsi Melen GIBOUT a voulu l'épure, parfois un simple trait peut résumer le monde. A l’intérieur d'un vocabulaire plastique volontairement restreint, c'est à la sculpture de trouver sa propre densité, son équilibre ultime et en fin de compte son point d'encrage dans l'espace qu'elle veut occuper.

 

     Ainsi Melen GIBOUT nous offre une matière « transfigurée » qui se veut distributrice d'une réalité autre que celle de la simple ressemblance à je ne sais quel modèle. Ici, ni la main ni l’œil n'est inféodé à la nature, le problème n'est plus d'être fidèle à la chair mais au désir.

 

     Ainsi Melen GIBOUT revient toujours au corps humain en se donnant toutes les libertés qu'invente l'outil sur le matériau. En prenant le risque de l'Harmonie, Melen GIBOUT nous invite à entrer dans l’intimité de son œuvre.

 

     Enfin, il faut savoir que Melen GIBOUT est d'ici, d'une terre nuageuse, pleine du patient travail de la vie.

 

                                                                                                                                                                                     Thierry Le Saec